Chaque vendredi matin, Butembo s’arrête : boutiques fermées, commerces suspendus, circulation bloquée entre le rond-point SONAS et l’avenue du Centre. Le mot d’ordre du maire est clair : place au Salongo, ces travaux communautaires censés redonner propreté et éclat à la ville, auxquels seuls participent les agents des services étatiques.
Si l’initiative est louable et traduit un souci de responsabilité collective, après plus de deux ans, les résultats semblent limités. Les artères principales balayées par une cinquantaine d’agents montrent peu de traces d’un véritable changement, et les quartiers périphériques restent largement ignorés. Les trottoirs et caniveaux ne reflètent pas l’image d’une ville réellement propre, et pourtant, le rituel se répète chaque vendredi.
Peut-être est-il temps de changer de méthode, sans renoncer à l’esprit du Salongo. Plutôt que de contraindre les commerçants à fermer boutique, pourquoi ne pas les responsabiliser directement ? Avec l’appui de la police dans un cadre civique, chaque commerçant pourrait entretenir les abords de sa boutique ou de son commerce, avec le soutien de son personnel. L’initiative pourrait également s’étendre aux quartiers, impliquant les habitants dans le nettoyage et l’entretien de leurs rues et espaces communs.
Cette approche participative permettrait d’associer tous les acteurs de la ville à la propreté urbaine et de faire du Salongo une véritable initiative populaire. Elle donnerait également un sens concret aux matinées de mobilisation, car la propreté ne se décrète pas : elle se construit chaque jour par les gestes de tous.
Il n’est pas trop tard pour repenser la formule. Le Salongo peut redevenir un symbole fort, celui d’une ville où chacun joue pleinement son rôle.
Une approche également valable pour Beni.
IKK

