RDC : Suspension des pénalités et restructuration des créances – La BCC prend des mesures d’urgence pour les institutions financières en zone de crise
Pour faire face à la crise sécuritaire persistante dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, la Banque Centrale du Congo (BCC) a adopté une série de mesures d’allègement à l’intention des institutions financières affectées.
Dans une instruction datée du 8 avril 2025 et signée par la Gouverneure Malangu Kabeyi Mbuyi, la BCC annonce notamment :
La suspension des pénalités de retard sur les prêts en souffrance liés à la crise ;
La facilitation de la restructuration des créances, sans limitation du nombre d’opérations ;
L’octroi de délais de grâce, ajustés à l’évolution de la situation sécuritaire ;
L’obligation d’un dialogue amiable entre les établissements et leurs clients, accompagné d’un renforcement de l’assistance numérique.
Par ailleurs, des exigences strictes de transparence et de gouvernance sont imposées. Les institutions devront transmettre chaque mois à la BCC la liste des créances restructurées, tout en réalisant des tests de résistance (stress-tests) à soumettre avant le 30 juin 2025. Celles qui ne respectent pas les exigences de capital minimal (50 millions USD) ou les normes prudentielles se verront interdire :
le paiement de dividendes,
le versement de primes,
l’extension de leur réseau.
Ces mesures, qui entrent en vigueur immédiatement, visent à assurer la stabilité du système bancaire, la résilience économique et l’inclusion financière dans les zones durement frappées par les conflits armés.
Elles sont perçues comme un signal fort du soutien de l’État aux populations et acteurs économiques de l’Est du pays, dont les activités sont lourdement affectées par l’insécurité.