À l’Est de la République Démocratique du Congo, où la situation sécuritaire continue de se détériorer, l’activiste et leader d’opinion Rose Kahambu Tuombeane a tenu un point de presse ce jeudi 4 juin 2026 à l’hôtel Butembo. Par cette initiative, elle a souhaité recentrer l’attention publique sur le calvaire des populations du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et de l’Ituri, alors que la classe politique semble déconnectée des réalités du terrain.

Rose Kahambu dénonce le décalage entre les priorités de Kinshasa et l’urgence sur le terrain.
« Pendant que les salons politiques débattent de réformes institutionnelles et de la Constitution, des civils sont massacrés, des femmes violées et des enfants naissent de ces violences », a-t-elle déclaré.
Pour elle, le débat constitutionnel reste légitime dans une démocratie, mais il devient indécent lorsqu’il occulte les déplacements forcés et les destructions qui frappent le peuple.

Elle a illustré l’incapacité de l’État à protéger les citoyens en citant le massacre du 31 mai dernier à Beni-Ngadi, survenu à proximité immédiate d’un camp militaire, et qui a couté la vie à plusieurs citoyens autochtones de la RDC, provoquant ainsi la paralysie de Beni et Butembo à travers des grèves et journée ville morte.

Face à cette situation, Rose Kahambu exige un renforcement immédiat de la sécurité pour protéger les civils et stopper l’avancée de l’AFC-M23, qu’elle accuse de bafouer la souveraineté nationale.

L’activiste appelle à structurer et fortifier la résistance locale, estimant que la survie des populations dépend d’une mobilisation collective. Elle a par ailleurs annoncé son retrait du parti AFDC, affirmant que son engagement auprès de la population continuera :
« Une voix authentique ne meurt pas avec un siège, elle change seulement de place ».
Sharon Lwanzo

