Le cas de Mme Katsurwa Kavira, ancienne institutrice du Nord-Kivu ayant servi dans l’enseignement primaire pendant plusieurs décennies, est aujourd’hui au cœur d’un plaidoyer porté par la députée nationale élue de Butembo, Jeannine Katasohire. À travers cette situation individuelle, l’élue met en lumière la condition de nombreux agents publics confrontés à des irrégularités administratives et à des interruptions de paie en fin de carrière.
Née le 19 avril 1947 dans la zone de Lubero, Mme Katsurwa Kavira a intégré l’Éducation nationale en septembre 1967 à Maboya, après l’obtention de son certificat d’études primaires en 1960. Son parcours, retracé dans les archives des écoles conventionnées catholiques de Butembo, témoigne d’un engagement de 59 ans de service, de 1967 à 2026, dans différentes écoles du Nord-Kivu, notamment à Maboya, Goma et Kirumba. Elle incarne ainsi toute une génération d’enseignants ayant contribué à la formation de nombreuses cohortes d’élèves dans la province.
Mariée depuis le 21 août 1968, elle fait partie de ces fonctionnaires ayant consacré l’essentiel de leur vie active au service de l’État. Selon les informations recueillies, Mme Katsurwa Kavira a quitté l’enseignement en 1997 pour le foyer social de Butembo. Cependant, en 2023, elle aurait été désactivée du système de paie sans bénéficier d’une mise en retraite formelle, se retrouvant ainsi privée de salaire.
Face à cette situation, la députée nationale Jeannine Katasohire a décidé de porter le dossier auprès des autorités nationales. La semaine dernière, elle a accompagné Mme Katsurwa Kavira auprès du Vice-Premier ministre en charge de la Fonction publique, Jean-Pierre Lihau.
Maombi Katsongo Sosthène, élu de Lubero,a également pris part à cette rencontre avec le Vice-Premier ministre.
L’élue plaide notamment pour la régularisation des agents publics encore non identifiés ou dépourvus de carte biométrique, ainsi que pour la correction des irrégularités administratives liées à certains arrêtés comportant des numéros matricules erronés, notamment dans la série dite « 600 ».
Au-delà du cas de Mme Katsurwa Kavira, ce plaidoyer met en évidence une problématique plus large : celle de nombreux fonctionnaires retraitables ou déjà retraités de fait, mais exclus du système de paie. Une situation qui, selon plusieurs acteurs, nécessite des mesures urgentes de régularisation afin de garantir les droits des agents concernés.
Georges Kisando Sokomeka

