
Le Premier Congrès d’Études Congolaises se tient à Mbuji-Mayi, dans la province du Kasaï-Oriental, autour du thème : « Demain le Congo du troisième millénaire : conscience historique et devenir de la nation ».
Organisée sous l’égide de l’Académie Congolaise des Sciences, cette rencontre scientifique réunit chercheurs, écrivains et universitaires venus réfléchir sur l’avenir de la République démocratique du Congo (RDC). Parmi les intervenants, on note la présence de l’Assistant Mate Kisughu, alias Charlie Matekis, enseignant à l’Institut supérieur pédagogique Muhangi de Butembo.

L’enseignant est intervenu lors du deuxième axe du congrès intitulé « Savoir, pouvoir et avoir au service de la société », avec une communication sur le rôle de la littérature comme levier de développement socioculturel, entre contraintes et potentialités transformatrices.
Dans son exposé, Mate Kisughu a affirmé que le développement d’un pays ne peut reposer uniquement sur les sciences dites concrètes ou techniques. Selon lui, une véritable transformation sociale nécessite une éducation holistique capable de former l’homme dans toutes ses dimensions.
« La littérature pousse à l’autocritique et peut déboucher sur l’action grâce à l’esthétique des mots et à un contenu contextualisé », a-t-il expliqué, reprenant les réflexions du professeur Kasereka Kavwahirehi.
Ses recherches, menées entre Butembo et Kinshasa, combinant interviews et analyses thématiques de plusieurs œuvres littéraires congolaises, ont mis en évidence le rôle du livre dans la préservation de la mémoire collective, la dénonciation des injustices et la promotion des valeurs sociales.

La littérature face à plusieurs défis
Mate Kisughu a souligné que la littérature congolaise reste freinée par plusieurs contraintes, notamment le manque d’accompagnement de l’État, l’insuffisance des moyens de diffusion et la faible culture de lecture dans les écoles et chez certaines élites.
Malgré ces obstacles, il considère que la littérature demeure un outil puissant de résilience et de transformation sociale. Selon lui, les thèmes liés à l’union, à la résistance, à la lutte contre les antivaleurs et au regard positif sur l’avenir peuvent contribuer au développement holistique du pays. Il a également plaidé pour la valorisation des langues nationales dans l’écriture littéraire, estimant que rédiger en kiswahili, en tshiluba ou en kikongo devrait être aussi naturel qu’écrire en français.
Dans le cadre de sa présentation, Mate Kisughu a mis en avant plusieurs œuvres produites dans l’Est de la RDC malgré un contexte difficile, dont Pandemonium : l’Empire des ténèbres de Karongo, Héros anonymes de Thierry Bunoka, Uhuru ou la voix des mots de Blaise Mukama, ainsi que Notre lutte contre Ebola et autres poèmes, une œuvre collective de la Caritas Butembo-Beni.
L’enseignant de l’ISP Muhangi de Butembo souhaite promouvoir la littérature congolaise et créer des passerelles avec d’autres chercheurs et écrivains du pays, afin de contribuer au rayonnement culturel et intellectuel de la RDC.
Le congrès, ouvert le 26 mai 2026, se clôturera le 29 mai à Mbuji-Mayi.
Emmanuel SYAVUTAWA

