Actualités en Direct

BlogActualité généraleButembo : les familles des victimes de la marche anti-Monusco saisissent la justice pour réclamer une enquête

Butembo : les familles des victimes de la marche anti-Monusco saisissent la justice pour réclamer une enquête

Les familles des personnes tuées ou blessées lors des manifestations du 26 juillet 2022 à Butembo ont saisi le Procureur général près la Cour de cassation ainsi que l’Auditeur général des Forces armées de la RDC. À travers une plainte déposée en septembre 2026, l’Union des victimes des manifestations anti-MONUSCO (U.V.M.A.M.) demande l’ouverture ou la reprise d’une enquête judiciaire complète afin d’établir les circonstances exactes des faits et les responsabilités éventuelles.

Selon la plainte, onze personnes sont décédées dans le cadre des événements dénoncés. Les familles affirment que leurs proches étaient des civils et demandent que chaque décès et chaque blessure fasse l’objet d’un examen individuel. Elles souhaitent notamment que l’enquête détermine le lieu où se trouvait chaque victime, les circonstances dans lesquelles elle a été atteinte, l’origine des projectiles, la position d’où les tirs auraient été effectués ainsi que, lorsque cela est possible, la nature des armes et des munitions utilisées.

Le document revient notamment sur le cas de Paluku Matofali, qui aurait été atteint par balle alors qu’il se trouvait, avec un ami également décédé, dans un bâtiment situé sur l’avenue Matokeo. Un témoin cité par les plaignants affirme que des projectiles provenant de la direction du bureau de la MONUSCO auraient atteint les personnes réfugiées dans cet endroit.

Les plaignants précisent toutefois que ces éléments doivent être vérifiés par l’enquête, notamment au moyen des témoignages, des constatations médicales, de l’examen des lieux et, si possible, d’une expertise balistique.La plainte demande également aux autorités de rechercher les rapports opérationnels de la MONUSCO du 26 juillet 2022, d’identifier les personnels des différents contingents présents à Butembo, leurs positions, les armes et munitions utilisées, ainsi que les ordres et règles d’engagement applicables.

Les familles sollicitent en outre la réalisation d’expertises médicales, balistiques et techniques et l’exploitation des photographies, vidéos et autres enregistrements disponibles.Les plaignants demandent que les faits, s’ils sont établis par l’enquête, puissent recevoir les qualifications pénales appropriées, notamment au regard des crimes contre l’humanité, des crimes de guerre ou d’autres infractions. Ils insistent cependant sur le fait qu’ils ne sollicitent ni condamnation anticipée ni présomption de culpabilité, mais souhaitent que la justice établisse la vérité et détermine les responsabilités éventuelles.La démarche s’appuie également sur la Loi n°22/065 du 26 décembre 2022, relative notamment à la protection et à la réparation des victimes.

Les familles demandent l’identification et la reconnaissance des victimes directes et indirectes, leur protection contre d’éventuelles menaces ou représailles ainsi que la documentation et l’évaluation des préjudices corporels, psychologiques, matériels, économiques, financiers et moraux.

Enfin, les plaignants sollicitent, lorsque les conditions légales sont réunies, le recours à un mécanisme de justice réparatrice, notamment sous la forme d’une conférence communautaire ou familiale. Ils précisent que cette demande ne constitue pas une renonciation à la manifestation de la vérité ni aux éventuelles poursuites pénales. Leur objectif déclaré est d’obtenir, quatre ans après les événements, l’établissement des faits, la reconnaissance des victimes et une réparation conforme aux mécanismes prévus par la législation congolaise.

La Rédaction

Tags:
Share:
0 0 votes
Évaluation de l'article
S’abonner
Notification pour
guest

0 Commentaires
Le plus ancien
Le plus récent Le plus populaire

Related Post

0
Nous aimerions avoir votre avis, veuillez laisser un commentaire.x