
Pancartes en mains et chants de colère à la bouche, plusieurs manifestants, majoritairement des victimes de la guerre et des massacres à l’Est de la RDC, ont arpenté ce jeudi 29 août 2025 les principales artères de la ville de Butembo. Leur objectif : interpeller le gouvernement congolais face aux atrocités du M23 et des ADF, et exiger le rétablissement de la paix au Nord-Kivu.

Visages marqués par la douleur, hommes, femmes et jeunes ont exprimé leur détresse. La plupart ont fui leurs villages et perdu leurs biens. « La guerre du M23 m’a déjà arraché mon père et toutes mes possessions », a confié Janvier Katana, l’un des manifestants.
D’autres, comme Neema Muli, originaire de Njiapanda, portent les stigmates des attaques d’autres groupes armés. « Mon enfant et tous mes biens ont péri dans un massacre orchestré par les ADF », a-t-elle témoigné avec émotion.

Ces victimes sont regroupées au sein de la Coordination des Victimes de la Guerre et des Massacres de l’Est (COVISMAE), une structure basée à Butembo. À travers un mémorandum remis aux autorités locales et destiné au gouvernement national, elles exigent le rétablissement de la paix dans leurs zones d’origine afin d’alléger leurs souffrances.
Dans ce document, lu par Tembos Yotame, président du groupe de pression Véranda Mutsanga et porte-parole de la COVISMAE, un appel pressant a été lancé aux autorités congolaises pour mettre fin à la recrudescence des violences au Nord-Kivu.

Le maire de Butembo, qui a réceptionné le mémorandum, a promis de transmettre ces doléances aux instances supérieures afin qu’une solution durable soit trouvée.

La marche pacifique s’est déroulée sans incident, sous l’encadrement sécuritaire de la Police nationale congolaise.
Dagzos Litimire