La ville de Butembo a connu un calme inhabituel : boutiques fermées, rues désertes et transport paralysé. La journée « ville morte », décrétée par les groupes de pression, a été largement suivie. Cette mobilisation populaire a exprimé la fatigue de la population face à l’insécurité persistante, mais aussi un message politique clair adressé aux autorités.
Au cœur des revendications, trois principales exigences : la démission du maire de la ville, le relèvement du commandant de la Police nationale congolaise (PNC), Georges Gonjila, ainsi que la délocalisation des Wazalendo. Ces miliciens, désormais visibles, libres et incontrôlés dans plusieurs quartiers de la ville, souvent armés, alimentent l’inquiétude des habitants.Cependant, une partie de la population se dit sceptique quant à l’efficacité de ce type de journées sans activités, d’autant plus que l’insécurité persiste. « Avec cette journée sans travaux, nous sommes pénalisés. Entre nos besoins quotidiens et l’insécurité, nous sommes inquiets. C’est un échec », déclare Katembo Kalimwavene, un taximan qui a travaillé malgré lui.
De son côté, Jean-Pierre Kasma, l’un des organisateurs et militant de la LUCHA, estime que la mobilisation était nécessaire : « La population est témoin de la situation que nous traversons dans cette ville. Nous la remercions pour cette journée. Tant que les autorités n’entendront pas notre cri, nous continuerons à nous exprimer pacifiquement, comme aujourd’hui », a-t-il déclaré, en se référant à l’article 16 de la Constitution.Butembo reste ainsi dans une tension réelle entre les attentes citoyennes et la gestion sécuritaire. Une chose est sûre : la population ne veut plus subir en silence.