Au Nord-Kivu, le Projet d’Appui au Secteur Agricole, PASA N-K, boucle sept années d’activités. Depuis 2018, il accompagne les filières pomme de terre, maïs, riz et café afin d’améliorer la production, la transformation et la commercialisation agricoles dans plusieurs territoires de la province.
C’est dans ce cadre qu’un atelier d’évaluation s’est tenu entre le 19 et le 22 novembre à Beni. Les organisations cheffes de files (SYDIP, COOCENKI, LOFEPACO, RIKOLTO) et les services étatiques ont analysé le niveau réel d’exécution des activités.
Pour la filière pomme de terre, mise en œuvre par le SYDIP, il sied de noter que les résultats ont été satisfaisants. Actuellement, le taux d’exécution financière est estimé à quatre-vingt-douze pour cent (92%) alors que le taux d’exécution physique est estimé à quatre-vingt-quinze pour cent (95%) a expliqué monsieur Sage MASINDA, Secrétaire Général du SYDIP. La cible 4000 agriculteurs prévue par le projet a été atteinte, en leur facilitant l’accès aux intrants agricoles (semences de qualité, engrais et pesticides) y compris les formations sur la GIFS en vue d’accroître la production agricole et le revenu.
Pour la filière maïs, mise en œuvre par la COOCENKI, les résultats sont particulièrement positifs. Au 15 novembre 2025, le taux d’exécution est estimé à quatre-vingt-douze pour cent a expliqué monsieur Baylon KATSONGO directeur de cette coopérative.
« En ce qui concerne la filière maïs, au 15 novembre 2025, nous sommes à 92% d’exécution des activités prévues dans les 7 ans de mise en œuvre du projet. C’est déjà un succès. Au niveau de cet atelier, c’était de voir aussi les indicateurs de réalisation, et là on est encore en train de voir, puisque au 31 novembre, c’est là qu’on va boucler voir les réalisations finales et c’est là qu’on va justifier »
Les indicateurs de performance confirment cette progression. Le projet ciblait cinq mille producteurs ; ils sont finalement six mille trois cent quatre-vingt-quatre à avoir été accompagnés, soit cent vingt-six pour cent de la cible initiale. Le rendement a presque doublé, passant de moins de deux tonnes par hectare au lancement du projet à trois virgule quatre tonnes aujourd’hui.
« Pour les indicateurs clés, on a ciblé 5000 producteurs qu’on doit atteindre, c’était ça la ligne d’abord de cible des bénéficiaires. Et réellement, on a atteint 6384, on est au-delà même des bénéficiaires attendus, donc à 126% des réalisations. Le deuxième c’est le rendement. Au début du projet, le rendement variait entre 1500 et 2000 kg à l’hectare. Et actuellement, nous avons atteint 3,4 tonnes à l’hectare. Donc c’est déjà une grande réalisation par rapport aux cibles qu’on a identifiées »
L’amélioration est visible également dans l’accès aux intrants agricoles. Les producteurs utilisent désormais des semences de qualité, comme les variétés ZM626 et ZM 627, mieux adaptées aux conditions locales. Et grâce à l’appui apporté à la filière semencière, vingt agri-multiplicateurs produisent déjà des semences R1 et R2.
Cette dynamique est soutenue par un partenariat avec le Centre international d’amélioration du blé et du maïs du Zimbabwe. La COOCENKI s’y approvisionne en semences de pré-base, ensuite transformées en semences de base sous la supervision scientifique de l’Université catholique du Graben et le contrôle de qualité du SENASEM.
Parallèlement, l’évaluation menée par l’Unité de Coordination du PASA-NK concerne également les filières pomme de terre, riz et café, avec la participation de plusieurs partenaires techniques et services publics.
Au total, trente-trois mille quatre cents ménages de petits producteurs sont concernés par cette analyse, qui doit permettre d’établir le score annuel et global de performance, et de préparer la clôture du projet.
Parmi les grandes réalisations déjà observées : l’augmentation des rendements et des revenus agricoles, l’amélioration de la qualité du café exporté, la maîtrise des technologies agricoles, le renforcement des services économiques et la revitalisation de la filière semencière.
Au terme de cette mission d’évaluation, une certitude se dégage : les quatre filières structurantes, pomme de terre, maïs, riz et café, ont bénéficié d’un accompagnement technique et organisationnel d’une ampleur exceptionnelle. Grâce à l’engagement du SYDIP, de la COOCENKI, de la LOFEPACO, de RIKOLTO, mais aussi de la FOPAC et des services et institutions partenaires tels que l’IPA, le SENASEM, le SNSA, l’UCG, et l’ONAPAC, plus de 33 400 ménages de petits producteurs ont vu leurs pratiques se transformer et leurs capacités se renforcer.
L’évaluation menée à Beni confirme ainsi non seulement l’avancement réel des activités sur le terrain, mais aussi l’impact durable du PASA N-K dans l’amélioration des systèmes agricoles du Nord-Kivu.
IKK