L’ancien chef rebelle congolais Roger Lumbala comparaîtra devant la cour d’assises de Paris du 17 novembre au 20 décembre 2025. Il est accusé de complicité de crimes contre l’humanité commis dans le nord-est de la République démocratique du Congo (RDC) entre 2002 et 2003, selon des informations de l’AFP publiées le 18 avril 2025.
Arrêté fin 2020 et incarcéré en France depuis janvier 2021, Roger Lumbala, aujourd’hui âgé de 67 ans, devra répondre de complicité de crimes contre l’humanité et de participation à une entente en vue de commettre ces crimes.
Le contexte du conflit
Pendant la deuxième guerre du Congo (1998-2003), Roger Lumbala dirigeait le Rassemblement congolais pour la démocratie-National (RCD-N), un mouvement rebelle basé dans le nord-est du pays. Dans cette région, plusieurs factions rivales s’affrontaient pour le contrôle des richesses naturelles et l’influence politique.
D’après plusieurs rapports des Nations unies, les combattants du RCD-N se seraient rendus coupables de violences extrêmes : viols, exécutions sommaires, enlèvements, mutilations, voire actes de cannibalisme, principalement contre les ethnies Nande et Twa (Pygmées). Lumbala avait rejeté ces accusations dès la publication d’un premier rapport de l’ONU en 2003.
Selon les conclusions du juge d’instruction parisien, Roger Lumbala aurait donné des ordres favorisant la « pratique massive et systématique de tortures ou d’actes inhumains » et fourni le ravitaillement nécessaire aux auteurs des crimes. Ces atrocités auraient eu lieu notamment sur les territoires de Bafwasende, dans le Haut-Uele et en Ituri.
L’absence de réaction du chef rebelle face aux exactions commises par ses hommes aurait permis leur répétition à grande échelle, incluant des exécutions sommaires, des viols, des pillardages et la réduction en esclavage sexuel de civils.
L’opération « Effacer le tableau »
Lumbala devra notamment s’expliquer sur son rôle présumé dans l’opération « Effacer le tableau », lancée en octobre 2002 en alliance avec le Mouvement de libération du Congo (MLC). Cette offensive visait à étendre leur contrôle territorial, au prix de massacres ciblant des populations civiles selon leur appartenance ethnique.
Le plan, selon l’ordonnance de renvoi, aurait été concerté entre les deux mouvements armés.
Des survivants entendus par la justice française
Plus de vingt survivants de ces atrocités ont été entendus au cours de l’instruction et ont été reconnus comme parties civiles. Leur témoignage sera central dans le procès, premier du genre en France concernant un chef rebelle congolais accusé de crimes contre l’humanité.
Ce procès sera à suivre sur EKA News avec notre envoyé special à Paris
IKK