L’ancien président de la République démocratique du Congo, Joseph Kabila, est arrivé ce week-end à Goma, chef-lieu du Nord-Kivu, comme il l’avait annoncé lors de sa dernière adresse médiatique du 23 mai. Ce déplacement s’inscrit dans un climat explosif, alors que la ville est sous contrôle des rebelles de l’AFC-M23 depuis janvier dernier.
La confirmation de sa présence a été donnée par les responsables de l’Alliance Fleuve Congo (AFC), dirigée par Corneille Nangaa. Sur son compte X (ex-Twitter), ce dernier a salué l’arrivée du sénateur à vie, estimant qu’il s’agit d’un « bon choix » de revenir dans la région, plutôt que de rester en « exil forcé ».
Cette visite, aussi inattendue que controversée, intervient alors que Joseph Kabila fait face à de lourdes accusations. Le Sénat a récemment levé ses immunités parlementaires, ouvrant la voie à des poursuites judiciaires pour son rôle présumé dans le soutien au M23. Le ministère de la Justice, sous la houlette de Constant Mutamba, a ordonné la saisie de ses biens, avec des perquisitions menées dans plusieurs de ses résidences.
Le retour de l’ex-chef de l’État dans une zone contrôlée par les rebelles qu’il est soupçonné de soutenir soulève de nombreuses interrogations, aussi bien sur le plan politique que sécuritaire. Alors que les combats se poursuivent entre les Forces armées de la RDC (FARDC) et les rebelles de l’AFC/M23, la présence de Kabila à Goma ajoute une nouvelle couche de complexité à une crise déjà profonde.