Du 28 avril au 3 mai 2025, la ville de Butembo a accueilli une opération d’identification biométrique dans le cadre du Programme de Désarmement, Démobilisation, Réinsertion Communautaire et Stabilisation (P-DDRCS). Plus de 200 ex-combattants ont obtenu leur carte biométrique, permettant à ceux-ci de bénéficier des programmes de réinsertion sociale mis en place par le gouvernement congolais.
Le lancement officiel de cette opération a eu lieu à la mairie de Butembo, en présence des responsables du programme. Selon la coordonnatrice nationale adjointe en charge des questions techniques et opérationnelles, l’identification biométrique est une étape préalable à l’obtention de la carte. Après cette étape, les ex-combattants pourraient réintégrer la vie civile et participer à divers projets sociaux et économiques, a déclaré la coordonnatrice nationale adjointe en charge des questions techniques et opérationnelles. « L’identification biométrique est une condition préalable essentielle à l’obtention de la carte, laquelle ouvre aux ex-combattants les portes de la réinsertion civile et de la participation aux initiatives socioéconomiques », a déclaré la coordonnatrice nationale adjointe en charge des questions techniques et opérationnelles.
Pendant une semaine, dix tentes ont été installées à l’esplanade de l’hôtel de ville pour accueillir les anciens combattants déjà enregistrés ainsi que les nouveaux venus. Plusieurs d’entre eux expriment leur soulagement après avoir reçu leur carte biométrique : « Recevoir cette carte, c’est comme tourner une page. Je me sens enfin reconnu comme citoyen et plus comme un fugitif. Je suis fatigué. Maintenant, je peux vers l’avenir, retourner à une vie normale, loin des armes», confie un ex-combattant affilié à l’UPLC, regard fixé sur ce document administratif.
Devenir civil ou intégrer la RAD
Par ailleurs, ce vendredi 02 mai, 16 combattants du groupe armé Mouvement d’Action Populaire MAP ont répondu à l’appel, déposant ainsi leurs armes pour rejoindre la vie civile. Un geste salué par le maire de Butembo, qui y voit un exemple encourageant pour la pacification de la région. « Nous saluons ce geste de responsabilité posé par ces jeunes. C’est un signal fort que la paix est possible si chacun y met du sien. Nous encourageons d’autres à suivre cet exemple pour que Butembo et toute la région retrouvent la sécurité et la stabilité», invite l’autorité urbaine, Commissaire Supérieur Mowa Baeki-Telly Roger.
Éric Masinda, le coordonnateur du P-DDRCS à Butembo affirme que la majorité des ex-combattants récemment démobilisés proviennent des groupes armés Union des patriotes pour la libération du Congo (UPLC) de Mayani, Front de Patriotes pour la Paix- Armée du Peuple (FPP-AP) de Kabido, et Mouvement d’Action Populaire (MAP) de Taylor. « Une fois leurs cartes en main, les ex-combattants peuvent choisir entre deux voies : la réinsertion communautaire ou l’intégration à la Réserve Armée pour la Défense de la Patrie (RAD), un dispositif mis en place par le gouvernement pour protéger l’intégrité territoriale », explique-t-il.
Programme de paix et de réinsertion sociale
Éric Masinda précise par la suite que des critères stricts définis par la stratégie nationale du programme sont appliqués pour qu’un ex-combattant éligible pour cette opération. « Premièrement, il faut qu’il se présente avec une arme ou des indices militaires (cartouches, tenues, etc.). Deuxièmement, s’il n’a plus rien à présenter, une autorité locale doit témoigner que celui-ci est réellement un ex-combattant. Troisièmement, il sera soumis à des exercices militaires menés par l’armée loyaliste pour confirmer son votre statut d’ex-combattant», éclaire-t-il, pendant répondait aux rumeurs persistantes autour de l’alignement de faux démobilisés dans le programme.
Il a par ailleurs, tenu à rassurer l’opinion en disant que le processus d’identification est encadré par des mesures rigoureuses pour s’assurer que seuls les vrais ex-combattants puissent bénéficier de tous les avantages liés à ce processus. « Ce programme qui n’a rien d’une complaisance, a pour objectif de briser le cycle de la violence. Il cherche à renforcer l’autorité de l’État dans les zones touchées par les conflits pour restaurer la sécurité et la réinsertion socio-économique », conclut-il.