La localité de Mabalako, située dans le territoire de Beni, tente de retrouver un semblant de normalité après une période marquée par des violences meurtrières attribuées à une faction Wazalendo connue sous le sigle UPLC. Malgré une reprise progressive des activités, la peur continue de hanter les habitants de ce chef-lieu de la chefferie de Baswagha-Madiwe.
Ce mardi 8 avril 2025, jour de marché, un regain d’activité est observable. Les habitants affluent pour s’approvisionner en produits alimentaires et autres marchandises étalées sur les étals.
Un signe encourageant, après un exode massif provoqué par les exactions commises par les éléments de l’UPLC. Toutefois, cette reprise reste fragile. La population vit toujours dans la crainte d’un retour des affrontements sanglants qui ont déjà coûté la vie à plusieurs de leurs semblables.
Les habitants lancent un appel pressant au gouvernement pour le retrait immédiat des combattants de l’UPLC, accusés de semer la terreur à Ngazi, Mabalako, Kyanzaba, et dans d’autres localités environnantes tombées sous leur contrôle.
« Nous vivons dans la peur. À tout moment, les éléments de l’UPLC peuvent surgir. Ils n’ont aucune pitié. » s’inquiète Kambale Makoma
« Vraiment, nous vivons un véritable calvaire. Nous ne comprenons pas ce que nous avons fait à ces milices de l’UPLC pour mériter cela. Que le gouvernement intervienne et retire ces éléments de notre région. Nous voulons vivre en sécurité, aux côtés des FARDC. » plaide Masika Mbafumoja
« Actuellement, ils rôdent autour de nous. Nous ignorons pourquoi ils ont quitté la brousse, mais ici, ils ne cessent de nous déranger. Les FARDC sont présents, mais ils n’interviennent pas. Nous demandons avec insistance que ces éléments soient retirés au plus vite. » demande Mumbere Lubuto
L’insécurité ambiante affecte gravement tous les secteurs de la vie, en particulier celui de la santé. Les combats quasi quotidiens rendent très difficile l’évacuation des cas médicaux urgents vers les hôpitaux mieux équipés. Le médecin chef de zone de Mabalako se dit préoccupé par la montée du nombre de décès, souvent causés par l’impossibilité d’intervenir à temps.
« Il est presque impossible d’évacuer les cas graves vers des structures sanitaires équipées. Les routes sont bloquées, les combats fréquents, et nous assistons impuissants à des décès évitables. »
Il y a quelques jours, des affrontements violents ont secoué la localité de Mabalako, provoquant plusieurs pertes en vies humaines et de nouveaux déplacements massifs de la population.
Dagzos Litimire